Renaitre orphelin couverture


Orphelins, une minorité invisible

dans la société française des années 2010



Les orphelins de père ou de mère existent encore, en France, en 2016. Mais cette minorité, comme celle des veufs/veuves précoces, reste largement invisible. Pourtant, de la violence d'un décès à une solitude douloureuse, d'une monoparentalité subie à un statut d'orphelin, ces familles vivent des situations psychologiques, sociales et financières difficiles, souvent peu aidées ...

   Cette étude s'est concrétisée par la publication d'un ouvrage

Renaître orphelin. D'une réalité méconnue à une reconnaissance sociale. 

suivi de Invisibles orphelins

Publication collective, soutenue par la Fondation d'entreprise Ocirppubliée par les éditions Autrement et dirigée par Magali Molinié 

 

Sommaire de cette page

Les orphelins existent-ils encore en France ?                                

Le choc originel : de la violence du décès à la solitude précoce.

Une monoparentalité subie

Faire face financièrement  

La veuve et l' orphelin méritent une "RE-connaissance " sur la scène nationale. 


Note  : de nombreux documents à lire en Pdf jalonnent cette page

Les orphelins existent-ils encore en France ?                      

Le concept de mort dans nos sociétés modernes

    Notre société, comme tous les pays développés, a vu régresser toutes les grandes causes de mortalité (épidémies, guerres, ...) et côtoie la vie avec de grandes interrogations existentielles ("l'éternelle jeunesse en alerte constante" ou "le légume miracle anti-cancer"). Avec beaucoup de soins, nous refoulons l'avancée de l'âge - et son corollaire inéluctable - notre propre fin. Déni de la mort, surinvestissement du sexe, serait-on face à une inversion des tabous ? Se sentir dans le plaisir de la vie, encore et toujours, sans contraintes, sans limitations, sans frustrations ...  

"Notre condition d'humain - normalement conscient de sa destinée mortelle - s'en trouve ainsi profondément modifiée."

    Vivre un deuil aujourd'hui se révèle une épreuve fort difficile. Car le soutien manque, par peur de se montrer maladroit, gênant -  mais avant tout par crainte de partager ces premiers temps de souffrance, vide intérieur effrayant. Les personnes endeuillées se voient coupées de la société, mises à l'écart, avec l'injonction de revenir parmi nos concitoyens rassurés lorsque leur travail d'acceptation de la perte sera dûment accompli et réussi. Quelle serait donc cette terrible action mentale qui consisterait à effacer l'Amour au-delà de la mort ? 

    Dans ce contexte de désintérêt général, que sait-on encore des veuves et des orphelins ?  

Orphelin : Une réalité sociale minoritaire en France mais non exceptionnelle.

    Des maladies orphelines aux "Les orphelins de 16h"  - traqués par la présidence Sarkozy - ou "Les nouveaux orphelins " ou encore "tous les orphelins de la société ": les orphelins paraissent nombreux, dans un vocabulaire qui les trahit ...  

    Pourtant l'Association des Orphelins de la Police Nationale nous rappelle que certaines professions en France sont davantage exposées aux risques de mortalité précoce et violente. Parmi les vocations à l'avant du danger, les pompiers payent aussi leur tribut fatal : l'Oeuvre des Pupilles Orphelins assiste les familles endeuillées et souligne que les cas augmentent chaque année. 

    L'image d'Épinal de l'enfant orphelin - gamin des rues, sans abri ni protection - nous renvoie désormais aux "temps anciens" des 19ème et début 20ème siècles, symbolisé par Oliver Twist ou plus récemment par Le Train des orphelins, épisode peu connu de l’histoire des Etats-Unis (P. Charlot, X. Fourquemin, Le train des orphelins, éditions Grand Angle/Bamboo, 2012). 

   Il est vrai que la réalité contemporaine renvoie les orphelins vers le monde sous-developpé, une vérité qu'il serait terrible d'oublier.

Consulter sur le web : Réseau des Intervenants auprès des Orphelins et autres Enfants Vulnérables au Mali

Orphelins du sida, orphelins et enfants vulnérables (OEV) par "OSI Bouaké, collectif issu de la société civile, sensible à ce que vivent les enfants en Côte d’Ivoire et en Afrique, se mêlant depuis longtemps de « ce qui ne le regarde pas ». Parce que le savoir est une arme et que l’Afrique brûle, Parce que nous ne nous laisserons pas décourager par l’immensité de la tâche, [...]

ORPHELINS SIDA INTERNATIONAL - Parrainage d’enfants - Aide aux enfants victimes du Sida  

 

    Ce manque d'intérêt en France se traduit par le peu d'études psychologiques menées dans notre pays sur les enfants endeuillés. Michel HANUS, récemment décédé, fait figure de notable exception. Ses travaux s'appuyèrent sur les principales références anglo-saxonnes (avec, entre autres, les travaux de J. BOWLBY) et s'associèrent souvent aux chercheurs belges ou québécois. 

               

      

     Est-ce pour autant qu'il faille ignorer définitivement les enfants du deuil, subissant ce qui reste toujours un évènement social, dans un pays qui s'enorgueillit de son dispositif de protection sociale (30,7 % de son PIB en 2006), notamment en faveur des plus modestes ?

Comment expliquer que la dernière grande étude sur ces enfants date de 1947 (Léon TABAH, « Évolution du nombre des orphelins en France», Population, n° 1, Ined, 1947) ? Pourquoi l'INED, le plus important Institut d'Études Démographiques au monde, habitué à décortiquer les plus infimes perspectives socio-économiques, "oublie" cet aspect de notre société ?  

    

Un nombre approximatif d'enfants orphelins

    En 2003,  A. MONNIER et S. PENNEC, deux chercheurs démographes, se penchèrent sur ce sujet ignoré, reconnaissants le désintérêt collectif pour cette catégorie d'enfants. Ils établirent une estimation = Ainsi, les orphelins seraient 500 000, soient 3% des jeunes de moins de 21 ans. 

Conclusion des démographes : ces approximations se révèlent trop élevées .... et socialement très disproportionnées.

Publication à lire en Pdf

Les orphelins de père sont toujours majoritaires. Les enfants d'ouvriers ou de personnes inactives seront 2 à 3 fois plus nombreux ...

Les  démographes de l'étude citée estiment que ces taux ont atteint un minimum et augmenteront à nouveau dans un avenir proche ... Encore faudrait-il pouvoir quantifier ces risques.

 à Lire en Pdf

Orphelin et orphelinage, chapitre de Histoires familiales 

Interview de Sophie Pennec

Pourquoi, de nos jours, défendre la veuve et l'orphelin ?

    De tout temps,  la veuve et son enfant, symboles de drame, de sacrifice ou de faiblesse, furent portés au devant des préoccupations. Que d'autres réalités problématiques aient émergé ne doit gommer la multiplicité de notre société que beaucoup revendique comme plurielle. 

La Fondation d'entreprise Ocirp défend la situation d'orphelin au sein des familles brisées.

    Perdre un conjoint avec qui l'avenir se forgeait casse une vie en deux. Mais surtout annonce des années de galère pour assumer seul(e) ce qui se partageait en couple. 

En 1939, un biologiste A. LOTKA écrivait : "La dissolution de familles résultant de la mort de l'un ou l'autre des parents, ou de tous deux, est un problème sociologique et économique de première importance." Trois quarts de siècle plus tard, les choses ont-elles évoluées ?  

Voir disparaître un père, une mère lorsqu'on est enfant, inflige une blessure émotionnelle et affective durable. Mais la suite se révèle souvent plus traumatique que la perte en elle-même : voir son parent survivant dériver ou accomplir des exploits quotidiens pour tout mener, subir le regard apitoyé ou mesquin des autres, changer sa vie du jour au lendemain, etc.

Lire en Pdf   

L' Enquête Orphelin
Quel accueil a reçu l'enquête orphelin ?






 
Accorder au veuvage précoce et à l'orphelinage le statut d'
évènements sociaux
(et non plus simplement de drames individuels) 
permettrait que la collectivité accompagne tous les aspects de la souffrance intime de ces familles
et repère la ligne de faille vers la pauvreté, notamment pour les femmes seules.


Lire en pdf :  4 articles du journal La Croix

Une fondation pour s'occuper des enfants orphelins (01-10-2009)
Une enquête pour sortir les orphelins du silence (29-07-2010)  ou  version web

Les orphelins veulent sortir du silence (octobre 2010
)
  
Magali Molinié : « Il faut reconnaître la singularité des orphelins » - version web



Quand la recherche sociologique approche les orphelins


    Recherches universitaires - Mémoire de sociologie - 2015

L’orphelin endeuillé : exemple de la construction d'un individu singularisé par la mort.
Contribution à une sociologie de l'orphelinage.

Jeanne Bailleux est orpheline de mère. Étudiante en sociologie, ses recherches l’amènent à travailler sur la communauté des jeunes endeuillés qu'elle comprend mieux que personne.

Comment évolue un individu suite à une socialisation primaire singularisée trop tôt par la mort d'un parent, chamboulée par une absence parentale radicale ? Comment se construire socialement quand on appartient à une catégorie socialement invisible ? Comment vit-on l'orphelinage aujourd'hui ?

Ses questions étayent les grands lignes de son travail et guident surtout les 11 entretiens menés auprès de jeunes adultes précocement orphelins (4 femmes et 7 hommes, âgés de 18 à 30 ans). 

« Recueillir la parole d'orphelins est une opération rendue complexe par la souffrance et la douleur. Cette situation peut se montrer difficile à mettre en mots. » avoue-t-elle, dans son mémoire. Comment parler d'un groupe qui n'ose pas parler, par honte, pudeur ou crainte de ne pas être écouté ?
Néanmoins, Jeanne, forte de sa propre expérience, réussit à établir la confiance « Les personnes enquêtées ont accepté facilement de livrer leur vécu et veulent en parler. Mais quels espaces ont-ils pour cela ? »


L'invisibilité …
Comment trouver une juste place, morale et sociale, lorsque la société contribue à vous rendre aussi invisible que la mort ? C'est la solitude et le sentiment d'injustices subies qui rendent l'orphelinage tragique. « Trouver un sens à cette mort, la comprendre pour l'accepter, c'est ce qui paraît libérer les orphelins de la douleur qui les emprisonne ». Cet élan se heurte à « la difficulté de mettre en mots leur situation […] et rend difficile la quête identitaire que mènent beaucoup d’orphelins, consciemment ou non. ». Garder la douleur en soi, faute d'exutoire …  et faire face malgré tout !


Les conséquences inévitables de l'après-décès, le silence qui isole la famille endeuillée, les obstacles socio-économiques rencontrés, pèsent lourdement sur une destinée en devenir.  « L'orphelin ne tient pas uniquement du domaine de la psychologie mais également de la sociologie car l'orphelinage crée une identification orpheline, un profil d'individu […] ». La mort d'un parent doit être reconnu comme un événement social et en tant que tel concrètement accompagné.

« Tant que la mort ne récupère pas de sa « visibilité publique », l'orphelin endeuillé restera invisible lui aussi ». 

Que ce mémoire invite à une réflexion en profondeur, les orphelins en seront les premiers bénéficiaires reconnus … enfin !  

Si vous souhaitez contacter Jeanne Bailleux, j.bailleux@hotmail.fr

    Projet orphelin de l'INED

" Les enfants orphelins en France dans les années 2010
Un orphelin est un enfant qui a perdu l’un de ses parents (orphelin simple), ou les deux (orphelin double). On appelle orphelinage le phénomène démographique qui résulte des décès de parents au fil des âges.
En 1999, Alain Monnier et Sophie Pennec estimaient qu’il y avait environ 500 000 orphelins de moins de 21 ans en France. La majorité étaient orphelins de père et seul un orphelin sur vingt avait perdu ses deux parents. Être orphelin est une situation rare avant l’âge de 5 ans, puis sa fréquence augmente avec l’âge : un enfant sur trente est orphelin entre 10 et 14 ans, un sur vingt entre 15 et 19 ans et un sur dix entre 20 et 24 ans.

Quelle est la situation des orphelins dans les années 2010 ? Combien sont-ils ? Quelles sont leurs caractéristiques sociodémographiques ?

Notre étude est prévue pour durer quatre ans. Nous allons :
** Faire la synthèse des études existantes sur l’orphelinage en France et dans les pays développés,
** Recenser les sources de données (enquêtes, sources administratives, etc) qui permettant de mieux connaitre des orphelins,
** Estimer le nombre d’orphelins en France dans les années 2010,
** Etudier l’orphelinage dans les générations présentes et passées,
** Décrire les familles, les conditions de vie et les parcours des orphelins. "

 

Le choc originel : de la violence du décès à la solitude précoce       

         

Fatalité ... dites-vous ? 

Que le décès soit l'échéance d'une longue maladie ou le choc soudain d'un accident, la jeunesse du défunt devient synonyme d'une cassure violente, profondément injuste. Lorsqu'il s'agit d'un suicide, le traumatisme subi par l'entourage se hisse à la hauteur du geste : radical, incompréhensible. Il faudra beaucoup de temps et un immense travail sur soi pour apaiser la violence des émotions, admettre et pardonner.


Le moment critique des obsèques

Le corps de l'être aimé figé dans l'éternité, la vie reprend ses exigences, dans une obscurité radicale. La semaine suivant le décès se déroule dans une semi conscience des évènements. Les obsèques doivent pourtant s'organiser rapidement pour se dérouler dans les 1 à 6 jours réglementaires. Cette cérémonie exige un budget conséquent, immédiat, imprévu. 

Le jour même dessine une singulière épreuve où les émotions les plus fortes se succèdent. L'enterrement réalisé dans la compréhension et la solidarité familiale pourra alors redonner un semblant de sens à cette mort trop tôt survenue.

Et ensuite .... ?     Le deuil, temps infini ?

S'ouvre alors le temps du deuil, temps de grande vulnérabilité morale et physique, d'une douleur intensément nécessaire. Cependant, face aux urgences des premières semaines, le deuil peut se voir mis de côté. Il ressurgira plus tard, avec souvent une violence dommageable.

Les formalités s'imposent, un parcours administratif lourd à gérer.           

Quelles conséquences immédiates doit-on calculer ? Déménager ?  Retravailler ? Quels droits peuvent-ils s'ouvrir en compensation ? 

La famille et les amis répondent-ils présents - sans être envahissants - pour seconder le parent survivant, dans cette période obscure ? 

Et les enfants ?

Les enfants entrent dans une période de fortes angoisses où ils ont besoin d'être écoutés, rassurés, aimés. Perdus dans une histoire qu'ils ne comprennent pas, ils s'accrochent à celui qui reste. L'avenir de leur deuil dépendra essentiellement des réactions du parent survivant. Toutefois, il faut reconnaitre que les orphelins vivent - et vivront - un deuil singulier, intense et profond.

Parfois, il est  souhaitable que les enfants soient pris - dans les premiers temps -  en charge par des tiers (famille, amis) ou placés en foyer à l'Aide Sociale à l'Enfance.


La solitude ... Trop jeune. 

La cellule familiale dissoute, tous les projets d'un avenir commun annulés, il faut recomposer - seul(e)s -.un canevas tissant vers demain des fils suffisamment stimulants pour enfiler les jours.    

Dans 40% des veuvages précoces, l'évènement se produit avant 40 ans. Cette jeunesse représente à la fois une force (physiquement parlant) et une faiblesse (morale). Nombreux sont les veufs/veuves déclarant une maladie grave dans l'année du deuil (phénomène du "mortel veuvage"). 

Tout repose sur le parent survivant, une charge morale et nerveuse qui peut se révéler très lourde.  

Au sortir du décès du père/ de la mère, le parent survivant reste seul avec les enfants. Cette situation se classe aujourd'hui dans la catégorie "Famille Monoparentale". Est-ce vraiment une réalité comparable aux effets du divorce ?  

  

                            
 Une monoparentalité subie                                    

   

D'un parent seul au parent isolé

  83% des orphelins vivraient uniquement avec le parent survivant, soit 10% de l'ensemble des enfants de familles monoparentales. Voilà qui n'est pas négligeable !  Désormais les veufs/veuves précoces sont placés au même rang que les célibataires et les divorcés et en partagent nombre de difficultés

Cependant, cette réalité socio-démographique affiche une problématique propre qui dicte une prise en charge spécifique.  

Cette reconnaissance de la situation de veuvage précoce a été préconisée dans une étude commanditée par la CNAF. 

     A ce jour, on dénombre 420 000 veufs de moins de 55 ans et chaque année, ils sont environ 30 000 supplémentaires.
Une situation que défend activement la FAVEC.

 Lire en Pdf  : Le veuvage précoce - document de L'Ined

 Chapitre de Histoires familiales sur le veuvage précoce                   

A lire sur le web :  Le veuvage précoce : se reconstruire après la mort de son conjoint (dossier très complet)

  Le veuvage précoce : un bouleversement conjugal, familial et matériel (Une étude de la Dress datée de 2012)

L'École : un enjeu essentiel                                                                    

     L'école représente souvent un refuge à l'enfant endeuillé. Il y retrouve ses repères, ses amis, le calme d'avant la tempête, une vie allégée. Pourtant, de nombreux facteurs viennent généralement tout fausser (professeurs "maladroits", exclusion,  réflexions vexatoires, impression de ne plus "être comme les autres", dévalorisation, changement d'école ...)

Lire en Pdf  : l'orphelin à l'école

De nouvelles études alourdissent le constat.  Devenir orphelin est « un risque social qui peut modifier la destinée d’un individu » affirme Nathalie Blanpain dans son étude "Perdre un parent pendant l’enfance : quels effets sur le parcours scolaire, professionnel, familial et sur la santé à l’âge adulte", DREES, 2008.

Cette étude est disponible en Pdf

     Une enquête (Pdf), à l'initiative de la Favec, avait été lancée en 2012 afin de mieux cerner ce sujet et de soutenir les enseignants concernés par un élève endeuillé. Où en est-elle ? 

        L'UNAF (Union Nationale des Associations Familiales) a consacré un numéro de Réalités Familiales n°102-103 à la Famille et l'école avec un article sur les orphelins à l'école

"Il est entendu qu’une relation constructive entre la famille et l’Ecole concourt à la réussite scolaire des enfants. Pourtant cette relation n’est pas si simple. Dans ce numéro de la revue, des experts et acteurs de terrain retracent pour certains la genèse et l’évolution de cette relation entre les familles et l’Ecole, pour d’autres décodent les clefs de la réussite et décrivent les actions concrètes menées pour créer ou recréer du lien entre ces 2 membres à part entière de la « communauté éducative »." 
Références :  INITIATIVES TERRAIN - La représentation familiale dans l’éducation. -Les actions des UDAF avec les parents et autour de l’école. - FAVEC : Les orphelins à l’école.
Pour commander ce numéro : Réalités Familiales n° 102-103, « Familles et Ecole » Prix : 10 € + 3,15 € de frais de traitement, à commander à l’UNAF, Service Relations extérieures : 28, place Saint-Georges 75009 Paris Tél. : 01 49 95 36 00 - E-mail : realites.familiales@unaf.fr

Des ados à la dérive...?   

     Les sociologues pointent du doigt la corrélation entre les taux de délinquance et le jeune élevé en famille monoparentale (CHAMBAZ, HERPIN)
Qu'en est-il de l'orphelin, le plus souvent en manque de père ? En quoi le risque de précarité économique de la famille endeuillée peut-il intervenir ?

      Certains spécialistes soulignent les risques majorés de troubles psychologiques, dépressifs, les tentatives de suicide, les dépendances addictives (drogue, etc.), des individus ayant subi une "perte précoce". 
Cependant, les études psychosociales s'opposent.
Certaines affirment qu'il n'en est rien, les orphelins restent dans la moyenne générale. Qui croire ? 

Lire sur le web

La famille explique-t-elle la délinquance des jeunes ? 
ROCHÉ Sebastian - PACTE (CNRS - IEP Grenoble) - Recherche débutée en 2005 - Achevée en 2008

  « Famille et délinquance juvénile : état de la question. »
Gimenez Caroline, Blatier Catherine in Bulletin de psychologie 3/2007 (Numéro 489), p. 257-265

    Les orphelins développent souvent une force morale supérieure à l'enfant ayant ces deux parents, ensemble ou non. Encore faut-il que le traumatisme, les déséquilibres familial et affectif aient été dépassé ... que la reconstruction familiale ait suivi une route harmonieuse ...  
Les dérives surviennent généralement lorsque l'enfance baigne dans un cadre de vie difficile. La situation financière de la famille après deuil, si elle s'enfonce vers la précarité, signe-t-elle l'entrée en zone dangereuse ?  

 

            Faire face financièrement                                                           


L'entrée dans les difficultés : la mort coûte chère ...
La séparation du couple (quelle qu'en soit la raison) génère toujours des difficultés d'ordre financier, voir un appauvrissement accéléré.  La majorité des veufs/veuves appartiennent à des catégories sociales défavorisées (Source : EHESS). Or, le décès d'un conjoint entraîne son lot d'imprévus financiers, immédiatement redevables.  

Défi n°1 : Connaître ses droits
Les formalités administratives

La période qui s'ouvre après le deuil n'engage pas à courir les administrations. Et pourtant, tout décès entraîne sa liste de déclaration à différents organismes, entre autre afin de bénéficier d'aides. L'attribution des aides n'est pas automatique et nécessite un dossier de demande.
Si les parents vivaient en concubinage (et même en cas de PACS), le parent survivant ne peut prétendre percevoir des droits sociaux (tel que le droit à la pension de réversion).
Le parent survivant est nommé "administrateur légal des biens des enfants mineurs".

Défi n°2 : Garder la tête hors de l'eau.                                                             

La situation de monoparentalité génère des surcoûts importants répercutés sur un seul et unique salaire.
En l'an 2000, l'Observatoire National de la Pauvreté et de l'Exclusion Sociale soulignait la fréquence de précarité économique - voir de pauvreté extrême - au sein des familles monoparentale et s'alarme d'un fait en augmentation constante : les femmes sans domicile fixe accompagnées d'enfants, souvent très jeunes, représenteraient 36% des sans-abris.

Qu'en est-il pour les familles endeuillées ?
Des dérives individuelles inhérentes au deuil ne peuvent-elles mener à l'anéantissement total ?

Défi n°3 : Être veuve : la galère totale ?                                                      

Dans 80 % des cas, le parent survivant est la mère. Être femme est déjà synonyme de handicaps aux niveaux socio-économiques, mais devenir mère célibataire par un coup du sort multiplie les obstacles à franchir. Rien (ou si peu ...) ne vient compenser la séparation. Vivre ou survivre avec seulement quelques aides sociales restrictives ?  
La journée internationale de la veuve et de l'orphelin, instaurée le 23 juin par l'ONU, est suivie de peu d'effets.

Lire notre article rédigé en 2012 (Pdf)

Que faire face au silence des médias ? Le récit d'un sujet tourné avec TF1... (Pdf)

Lire sur le web :


Rendre visibles les jeunes orphelins : un terrain d’action pour les entreprises –Miroir Social -  5-12-2012
« L’entreprise peut également prendre sa part de responsabilité en intégrant par exemple une rente éducation dans la couverture de prévoyance de ses salariés, afin de contribuer au financement des études des enfants dont l’un des parents décède.
Mais l'accompagnement ne se borne pas à l'entreprise, loin de là. L’Éducation nationale a un rôle essentiel à jouer. « Il n'est pas rare que le décès d'un parent soit annoncé à toute une classe sans que l'élève concerné n'ait eu son mot à dire », rapporte Emmanuelle Enfrein qui déplore l'absence de protocole sur un sujet méritant une prise en compte par l'ensemble des composantes de la société. »

Pourtant

La veuve comme l' orphelin méritent une "REconnaissance " sur la scène nationale. 

Prendre en compte la spécificité du veuvage et de l'orphelinage nécessite de  :     

multiplier les actions de reconnaissance ...        de mesurer l'aide à apporter ...de  repenser la politique sociale en faveur des endeuillés, l'aide immédiate après un décès, l'aide administrative auprès des organismes, l'aide au quotidien ... un combat de longue haleine !

                                           

A lire en Pdf :  Orphelins, des sous-sols de l’État aux tréfonds d'une douleur ...                                        

Ces propositions attendent vos suggestions ...

                      

Sommaire du site

 
 Orphelins, une réalité en France - Accueil -
    Renaître orphelin, essai publié aux éditions Chronique Sociale
    Orphelins, une minorité invisible de la société française
 (Page en cours de lecture)
    Orphelin, un enfant en deuil ... le printemps révolu !
    Orphelin de ses deux parents... perdre son monde !
    L'enfant et la mort ou le coffre maudit ! 

    Pages pratiques
    Décès, les formalités administratives

    Associations de soutien après un décès
    Bibliographie autour des veufs et orphelins
    Quelques mots de Florence F. Valet, auteur de Renaître orphelin
    Page de Liens



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Dernière modification : 10-01-2016
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