orphelin un deuil singulier

 

    Orphelin, un deuil singulier ... 

le printemps révolu ?

 

Devenir orphelin représente un évènement choc pour une jeune vie. Comment l'enfant peut-il vivre cette fatalité ? Pourquoi ne faut-il jamais "arranger" ou masquer la vérité ? Comment le lui annoncer et ne pas le laisser à l'écart ? Quelles seront ses réactions ? Mènera-t-il un deuil aussi profond que l'adulte ? Comment impliquer l'école dans la prise en charge de cette douleur ? Que penser de la théorie de la Résilience ?

Nous ne traitons ici que des cas d'orphelin exclusif de père OU de mère.
Une page aborde néanmoins les orphelins absolus : Orphelin de deux parents, perdre son monde ...      

Note  : de nombreux documents - à lire sur le web ou en Pdf - jalonnent cette page

Un orphelin ne veut qu'une chose ...

 

    Un deuil précoce signe un destin ... une histoire d'enfant spécifique                                       

Manque existentiel

Le regret du parent disparu, ce grand vide intérieur, s'inscrit à jamais dans l'affectivité de l'orphelin.
Une vie au conditionnel se tisse alors : "Si elle avait été là ...". Il multiplie alors les stratégies de retrouvailles et d'identification au parent, à moins qu'il ne fasse tout pour l'effacer de sa vie et ne pas revivre la souffrance de la perte.   

"Et tous les orphelins semblent avoir l'âge d'une enfance éternelle."    Serge Moati, Paroles d'Orphelins  

           Emmanuelle Brisson, auteur photographe, présentera bientôt une série photographique consacrée aux orphelins, un démon si longtemps retenu ...
             Ses photos expriment avec pudeur
 
la douleur orpheline ... une actualité créatrice à suivre avec intérêt ...


Destinée singulière

Au-delà du deuil, c'est tout un parcours de vie remis en cause. Car les répercutions de la perte ne s'arrêtent pas à la blessure affective. 

"C'est une chose cruelle et un très sérieux handicap de ne pas avoir de père pour vous aider dans la vie [...] S'il avait vécu, je n'aurais pas eu, à vingt et un ans, à être pion pour gagner ma vie tandis que je poursuivais en faculté mes études supérieures [...] ce fut une des périodes les plus amères et des plus humiliantes de ma vie" avouera l'écrivain Robert Merle à l'un de ses fils déjà adulte (in Robert Merle. Une vie de passions, biographie, Pierre Merle, éditions de l'aube, 2008). 

Ce témoignage illustre ce que nous dénonçons dans notre étude socio-économique : la perte d'un parent figure la perte d'un pilier socio-écomique, un handicap au départ d'une vie, un obstacle à la scolarité et l'entrée dans la vie professionnelle

 Lire en Pdf  "Destins d'orphelins" -Informations sociales n°156 

                                   Lire sur le Web : Enfant : Peut-on construire son histoire personnelle sans histoire familiale ? (UNAF)       

            

L'OCIRP, Fondation en faveur des orphelins, a organisé le 14 décembre 2012 au Conseil économique, social et environnemental de Paris, un colloque sur le thème de l'invisibilité des orphelins. Il s'est déroulé sans la présence annoncée de Mme Dominique BERTINOTTI, Ministre déléguée auprès de la Ministre des affaires sociales et de la santé, chargée de la famille. Une nouvelle preuve que le sujet des orphelins n'est pas porteur, ni au gouvernement (droite et gauche confondus), ni dans le prestige d'une carrière politique !

Les intervenants de la table ronde : Jérôme Clerc, maître de conférences en psychologie cognitive de l’éducation à l’université Charles de Gaulle – Lille 3 et en charge du projet PECPEO (Prise En Charge Psychologique d’Enfants Orphelins) ; Boris Cyrulnik, célèbre neuropsychiatre; Hélène Romano, docteur en psychopathologie clinique au CHU Henri Mondor de Créteil et chercheur INSERM.

Ils ont réfléchi aux moyens à mettre en œuvre pour que la société prenne en compte cette situation familiale singulière.


Voici le compte-rendu de leur débat,
"Être jeune orphelin : se construire sans son père ou sans sa mère"
Actes du Colloque organisé par l'Ocirp en 2011, à l'Assemblée Nationale (Pdf )
ou  à voir


 

 Orphelinage : "Tôt ou tard, la blessure enfouie refait surface"

Association des Orphelins Devenus Adultes : L’Association des Orphelins Devenus Adultes est une association de Loi 1901. Son objectif est de créer un espace de rencontres et d’échanges pour les personnes qui, enfants, ont perdu leurs  parents et qui, aujourd’hui, rencontrent des difficultés liées à leurs blessures d’enfance.

L’association est en train de constituer un premier groupe de parole animé par un psychothérapeute à Paris. Groupe ouvert à tous ceux qui, enfants, ont perdu leurs parents entre 4 et 12 ans.

L'association a ouvert un espace sur Facebook

Extraits de l'Entretien  avec David M., fondateur de l'association 

"Je projetais mon passé sur ma vie présente et je me persuadais que l’histoire devait se répéter inéluctablement.
Peu à peu, j’ai pu ainsi réaliser que ma blessure ne guérirait jamais complètement, et que je devrais apprendre à vivre avec et le mieux possible.


"Les bonnes intentions des adultes peuvent être très stigmatisantes pour l’enfant orphelin.
Personnellement, je pense que les instituteurs ou professeurs doivent avoir connaissance de cette situation. Ne serait-­ce que pour éviter, par une maladresse, de blesser l’enfant plus profondément encor
e."

"Le mieux est sans doute de gérer au cas par cas, d’adopter une approche différenciée pour chaque enfant orphelin,
en fonction de son degré de mal-­être, de ses forces, de ses faiblesses et de ses besoins individuels."

"Vous avez décidé de créer une association pour orphelins devenus adultes… Pour quelles raisons ?
D. M. : Je me suis rendu compte que j’aurais aimé pouvoir en parler petit, avec d’autres enfants ayant également connu la mort de leur(s) parent(s).
Comme je n’ai pas eu la possibilité de le faire, j’ai eu envie de me rattraper en quelque sorte, de partager ces expériences avec des personnes qui en éprouveraient aussi le besoin.
Mon objectif est de créer un groupe de parole dans lequel je serai un témoin comme les autres, et animé par un psychologue ou un psychiatre.
L’idée est de se réunir régulièrement pour dialoguer, de construire un espace d’écoute propice à favoriser l’expression de chacun."

in OCIRP O’cœur – n°12 (2015)

    

    

    Annoncer l'irrémédiable : mission impossible ? 

    Ne pas masquer la maladie ou l'accident ... Ne pas cacher la mort du parent ...

L'enfant sentira qu'il se passe quelque chose de grave dont il est éloigné. Les enfants sont doués pour entendre ce que l'on ne dit pas ...  
Face au silence ou aux fausses paroles, il saura que les adultes lui mentent, l'isolent. 
Sa confiance en eux s'ébranlera totalement  : "Maman m'a abandonné, Papa ne veut plus me voir, je suis trop méchant ! "

Lire en Pdf  :     L'enfant et son parent malade - Proche de malade. com  

                Parent malade : Dire la vérité aux enfants - Document Novartis Pharma S.A. 

                L'enfant et le suicide d'un parent - Services sociaux du Québec

Une VÉRITÉ ... aménagée selon l'âge de l'enfant, son expérience, sa conception de la mort ...

L'enfant ne "vit" pas la mort comme les adultes et doit apprendre ce qu'elle représente ... comme il apprend à vivre à nos côtés, pour un jour être un adulte accompli.

Lire en Pdf :  Les principales phases d'acquisition du concept de mort  Pdf   (F.F. Valet)

 
Lecture complémentaire

Pour ceux que la réflexion intéresse, je joins quelques chapitres d'un travail commencé avec Chronique Sociale dont est extrait le document ci-dessus. 
J'en appelle à votre indulgence et votre curiosité. Cet essai reste et restera inachevé, enfermé dans un coffre, pour des raisons personnelles, notamment sa morbidité.
Que ces deux années passées aux ténèbres de ces recherches et ces réflexions ... que ces efforts - aux confins de la vie - ne restent pas tout à fait vains ... 

Mais une vérité impérative

Même si les mots ont du mal à venir, même si on pense ne pas exprimer correctement les choses, même si la peine submerge tout ... 

Au fil du temps et de la parole, le dialogue s'affinera entre l'enfant et les adultes. Cependant, la confiance dominera et renforcera les liens entre les endeuillés.

"Papa/Maman est mort/morte." La phrase est essentielle à formuler car elle signe la Vérité. Toutefois, cet aveu doit être enrobé, amené avec douceur pour éviter une révélation trop brutale, traumatisante. Il doit également être défini : qu'est-ce qu'être mort ? Que va-t-il lui arriver ? Aura-t-il mal ? Revient-on du pays des morts ?

Il doit pouvoir exprimer ses émotions, sa souffrance et accepter sa peine. Il doit pouvoir poser des questions, partager ses angoisses. Or, souvent il évite d'encombrer les adultes avec ses pleurs. Il regarde le parent survivant comme un étranger dont il découvre la fragilité. Il a alors très peur de le perdre, lui aussi.

Si le parent survivant ne peut faire face, un spécialiste de l'enfance (pédopsychiatre) ou un proche pour lequel l'enfant manifeste affection et confiance peuvent prendre en charge cette mise en mots.

L'enfant doit être entouré, sécurisé, rassuré, malgré le contexte. 

Et certaines phrases sont à éviter ... 

"Papa est en voyage. ... Maman est partie ... "  Un retour est possible, un espoir vain ...
" Tu as perdu ton père " Ce serait le début d'une longue recherche de l'amour égaré ...

"Maman est morte à cause d'une maladie " sans autre précision sur la gravité du mal ... un simple rhume, alors ? 
"Papa s'est endormi pour toujours .... " ou " Il se repose " Le sommeil deviendra source d'angoisses ... ou il attendra le réveil du parent, son retour à la vie.
" Le petit la fatiguait beaucoup ces temps-ci " Quelle culpabilité posée sur de si jeunes épaules ...

Lectures complémentaires sur le web :

L'enfant et la mort : comment leur en parler ?

Fiches rédigées par les PFG

La mort pourquoi il faut en parler

Démystifier la mort chez l'adulte à partir de la réalité infantile

Parler de la mort à votre enfant - auFeminin.com - rubrique Psycho

Etre et Renaître orphelin aujourd'hui (Le Cercle Psy)

Trauma et deuil : Parler de la mort avec l'enfant (Association de Promotion de la Santé dans l’environnement Scolaire et Universitaire : AFPSSU) 

Comment l’enfant pense à la mort (situations dans lesquelles un enfant peut être confronté à la mort)


Hélène Romano, Docteur en psychopathologie clinique, Psychothérapeute spécialiste du traumatisme chez l'enfant, notamment du deuil :

L'enfant et la  mort

                Accompagner l'enfant sur le chemin du chagrin (Article paru dans Le Journal des psychologues, n° 273, décembre 2009-janvier 2010, p. 48-53)

L’enfant face à la mort

     L'enfant peut vivre l'évènement avec sa famille.

Éloigner moralement comme physiquement, l'enfant n'est pas le protéger. Il faut juger ce que l'enfant est capable de supporter, sans être submergé par des émotions trop violentes. Mais rappelons qu'autrefois, les enfants participaient à tout le rituel, de la veillée à la toilette du mort, et aux funérailles.  Un enfant est capable de vivre ces moments à condition d'y être préparé, de savoir ce qu'il va vivre et voir. 

L'enfant peut voir le corps du défunt, lui dire "Adieu ", puis assister à la cérémonie d'enterrement ... 
SAUF s'il refuse de le faire et il en a clairement le droit -

Il peut écrire une lettre, faire un dessin qui restent son secret et le mettre dans le cercueil, près du mort. 
Il sera alors aux côtés du parent survivant, il partagera ses moments avec lui. Ce vécu l'aidera à prendre conscience de ce qu'il vit, étape importante vers l'acceptation. 
Au milieu de tous ces évènements, l'enfant doit continuer à mener - dans la mesure du possible - sa vie de petit, jouer, voir ses copains, aller à l'école ... sans jamais être délaissé.

Il est important que l'enfant reçoive en héritage un objet ou une boîte à trésors ayant appartenus au défunt. Ce fétiche, symbole que le parent a existé et signe l'absence, aide à modifier les relations sur un mode intérieur et à convertir le vécu en souvenir.
Des associations proposent des espaces d'accueil et de dialogues pour les familles endeuillées, y compris les enfants. 

 Aider l'enfant, c'est d'abord aider la famille (et ce, à tous les points de vue)       

 
 

    Les réactions du deuil enfantin

Comme ceux de l'adulte ...

Les trois phases principales du travail de deuil se lisent dans le processus psychique enfantin 

1-    Protestation -colère - Déni 

2-    Désespoir - Dépression  avec tristesse, culpabilité, manque, recherche de l'être perdu, identification à lui, baisse d'attention en classe ... 

3-    Détachement 

Lire sur le web : LE DEUIL CHEZ L’ENFANT ET L’ADOLESCENT- Par Cécile Paesmans psychologue
           
Voir sur le web : L'enfant et le deuil - conférence donnée par Marcel Rufo en 2014 à Marseille

MAIS spécifiques à sa condition enfantine.

Mais ces trois phases ne prendront pas le même chemin et se prolongeront tant que l'enfant ne sera pas adulte c'est-à-dire tant qu'il n'aura pas assimilé l'irréversible et achevé son développement psychique. Toutefois, les premiers temps resteront difficiles à vivre, autant pour l'adulte terrassé par sa propre peine que pour l'enfant dont la vie est totalement bouleversée. 

Le deuil chez l’enfant ne s'exprime pas comme chez l'adulte par des mots, par la conscience permise par la parole. L'enfant n'a pas encore l'expérience et le vocabulaire disponible. Il ne vit pas non plus dans la même conscience du temps. La mort est pour lui d'abord une absence qu'il aura du mal à concevoir comme définitive. Mais la souffrance est là, bien qu'elle ne semble pas s'exprimer ou qu'elle n'apparaisse pas. La douleur de la perte s'exprime par le corps, dans des actes, des jeux et surtout des symptômes - ou troubles somatiques - qui traduisent de nombreuses angoisses dont celles de la séparation et d'une forte culpabilité.  

Ainsi on peut repérer certains types de mises en scènes chez les enfants lourdement endeuillés :


                                                           Lire sur le web :  Parentification, quand la relation parent enfant est inversée

A Toulouse, les enfants en deuil ont leur groupe de parole
 article Le Parisien
"L'idée, c'est qu'ils ne soient pas persécutés de l'intérieur par un traumatisme", Michel Vignes, pédo-psychiatre.

Ateliers Histoire d'en parler
"Un espace qui permet d’élaborer son deuil, avec ses mots, car la perte d’un proche a une résonnance différente pour chacun,
selon son âge, sa place dans la famille, sa façon d’être"
Service Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent (SUPEA) Pôle Psychiatrie Hôpital La Grave - 31000 Toulouse

Accompagner l’enfant en deuil
par Françoise Glorion (Pédo-psychiatre)


Voir sur le web :
 
      Reportage de Anne Domy (orpheline, avoue-t-elle) sur des groupes d'enfants endeuillés - Toulouse 2012 - France 3 Midi -Pyrénées
"En France, le deuil des enfants est rarement abordées.
Pourtant, il existe des avancées significatives permettant d'accompagner les enfants dans ces moments difficiles."


Accompagner l'enfant en deuil ? émission de la chaîne KTOTV

"Quand la mort survient, comment l'aborder avec un enfant ?
Certains choisissent la confrontation, d'autres ne trouvent que l'issue du silence. Difficile d'assumer sa peine et de porter celle d'un enfant, ardu aussi de mettre des mots de foi alors que le deuil suscite douleur et révolte. La famille en questions nous propose des pistes de réflexion, des guides pour parents et éducateurs en vue d'aider la vie de nos petits."




Ensuite


L'enfant n'ira pas jusqu'au bout de ce processus de deuil : son immaturité psychique ne peut lui permettre une telle tension ... Toutes ses forces se concentrent pour grandir. Parfois, la blessure ne se refermera jamais, notamment si elle a été précoce ou suivie de moments trop pénibles. Certains deuils évoluent vers la chronicité.

L'enfant grandira avec l'espoir secret de retrouver ce parent. Il s'inventera un parent imaginaire, avec lequel parfois même il parlera (héros, image idéalisée, étoile, ange gardien ... ).

L'enfant avancera sur le chemin de l'acceptation de la perte si ses proches accomplissent eux-mêmes leur deuil, si l'harmonie familiale est positive, si tous restent ouverts à ses réactions et surtout si il trouve une figure d'identification substitutive au parent disparu (grand-père, tante, ami proche, etc.) ... beaucoup de SI à parcourir ... 

La fin de l'adolescence marque une possible résolution du deuil. Pourtant, de nombreux témoignages d'orphelins évoquent une remise en cause lors de la naissance de leurs propres enfants, voir une prise de conscience du manque qui n'avait jamais été senti durant l'enfance. L'absence du modèle paternel ou maternel "manquant" ressurgit, douloureuse. 

Lire en Pdf :     Le deuil de l'enfant - article de PSYCHOLOGIE QUÉBEC • NOVEMBRE 2002

                     Programme québecquois de soutien aux enfants et aux adolescents endeuillés 

                   PARENT ÉTOILE - INTERVENTIONS auprès d’ENFANTS endeuillés d’un parent

                                                                                 DEUIL NORMAL ET PATHOLOGIQUE rédigé par Catherine EPELBAUM

L'enfant d'âge préscolaire et la mort/le deuil

                                                   Deuil. Ne pas rester dans le pathos.  Association Grandir avec l'absence

    L'orphelin à l'école : Un enjeu capital

L'école joue un rôle capital dans l'équilibre que l'enfant cherche à rebâtir. 

Pourtant, les personnels enseignants ne sont pas prêts à recevoir un enfant en deuil. Ils redoutent la confrontation, ne savent comment réagir sans commettre de fautes. Quels mots face à cette douleur ?

L'enseignant est le plus exposé puisqu'il doit faire face - directement - à la peine de l'enfant. L'enfant peut être perturbé, voir même devenir un élément perturbateur de la classe. Il est en souffrance, comment l'aider ? 

Et devant les autres enfants, que dire ? Comment annoncer la nouvelle ? Comment les aider à accueillir la peine de l'enfant en deuil (composer un livret de dessins) ? Comment leur éviter d'être cruels ou méchants ? Comment leur apprendre les premières règles de compassion ?

Quelles stratégies mettre en oeuvre selon les niveaux de scolarité (maternelle, primaire, collège, lycée) ?

Lire en Pdf  : L'orphelin à l'école

     Le Deuil à l’école - Support didactique pour enseignants - par Sonia Moulin-Barman- 2005

Lire sur le web :  Entretien sur la mort avec des enfants de maternelle
                      
 L’enfant en deuil et l’École
"Permettre une meilleure connaissance du deuil en général et en particulier chez l’enfant et l’adolescent
et les répercussions de celui-ci dans sa vie personnelle et scolaire. 
Donner des outils d’accompagnement possible."

L'Enfant et la mort
(Formiris : Fédération des associations pour la formation et la promotion professionnelles dans l’Enseignement catholique)
"Pour que nous, adultes, puissions parler de la mort avec les enfants, donnons-nous quelques points de repère"

    Une vie à reconstruire

Retrouver un nouvel équilibre familial sans son père/sa mère

Une nouvelle place va lui être dessinée mais en filigrane d'une vie quotidienne qui se réajuste, peu à peu, sans la présence physique du défunt. Son souvenir deviendra un amour vécu. Mais il ne doit pas devenir un mythe, un juge désapprobateur, un fantôme ... On doit pouvoir librement évoquer le défunt. Ses défauts, ses fautes appartiennent aux souvenirs. Les anniversaires ne doivent pas se figer en commémorations.  

L'orphelin surprendra par son caractère paradoxal, une seconde peau habillée à vie, rêveur, renfermé puis tout à coup expansif, impulsif. Il connaîtra des instants de révolte contre le monde entier mais n'hésitera pas à voler au secours des autres. D'ailleurs, beaucoup se dirige vers des professions sociales, médicales ou encore humanitaires. L'enfant endeuillé deviendra souvent un adulte d'une sensibilité particulière et cherchera constamment à être accepté par tous.  

Sa vie amoureuse pourra rencontrer des obstacles, entre fuite et recherche d'un nouveau nid douillet. Sa peur de l'avenir pourra paralyser sa vie, une angoisse fortement liée à celle de la mort. 

Un deuil précoce peut être un facteur de risque ...  mais rien n'est écrit d'avance. L'enfant peut développer une instabilité, signe qu'il ne peut surmonter seul le décès. Il peut considérer que la vie ne vaut pas d'être vécue, réaction face au vide des repères identificatoires fondamentaux qu'il aurait dû se construire. Plus que la mort du parent, les conséquences familiales constitueront le ferment de l'avenir. Un vécu négatif préjudiciable à la santé psychique de l'enfant plombera sûrement la construction d'un destin.  

 Toute perte avant 12 ans représente une lourde épreuve qui laissera des séquelles émotionnelles indélébiles. 
Mais les conséquences lors de l'adolescence restent très fortes.
Toutefois, la mort de ses parents, même à 50 ans, marque une étape douloureuse ...    

 

Quel devenir pour l'enfant ?

Cette question se pose à tous les niveaux. L'avenir se compose en tenant compte de l'évolution financière, professionnelle, sociale du parent survivant, de la famille. Toutefois, le devenir psychologique de l'orphelin nous interroge en premier lieu.

Et sur ce point, une étudiante, désormais admise comme psycho-analyste clinicienne, a posé les bases d'une solide réflexion :

                                                                            La mort d'un parent, le devenir d'un enfant

Mémoire de Caroline Derumigny soutenu le 5 février 2016, à l'Institut Européen de Psychologie Appliquée de St Laurent du Var 
et reçu avec mention « Très bien ».

« Un équilibre, se tenir en équilibre, trouver son équilibre, garder l’équilibre… deux points d’appui sont généralement nécessaires. Au cours de son développement, l’enfant trouve son propre équilibre en apprivoisant les séparations temporaires. Qu’advient-il de l’enfant quand il perd sa source d’équilibre, la perte de l’un de ses parents ? Nous avons tous fait l’expérience de se tenir sur un pied, notre équilibre est mis en danger. Si une personne se fait amputer de l’une de ses jambes, comment se maintient-elle en équilibre? Elle s’appuie, vacille… Une jambe de bois pourra toujours lui être proposée. Et à chaque pas qu’elle fera, « Toc-Toc-Toc-Toc », ce petit bruit sera toujours là pour lui rappeler son manque. Cette petite voix qui demande à entrer de telle manière à ce qu’elle se souvienne de sa douleur. Amputé de l’une des personnes principales à son développement, l’enfant perdra son équilibre. » p. 30

Suite à un drame vécu dans son entourage, Caroline Derumigny se rapprocha puis s'occupa de deux orphelines de mère, de 10 et 18 ans. Elle épaula ainsi leur père, veuf, avec compassion et une profonde amitié. « Une équipe, une famille recomposée atypique ! ». La plus jeune des filles demanda rapidement à Caroline de concrétiser leur relation et devint sa filleule.

Le destin de cette enfant, affronté personnellement, a interrogé l'étudiante en Psychologie-Analyse Clinicienne. « Lors du décès de l'un de ses deux parents, que devra trouver l'enfant pour panser sa blessure et assurer son développement psycho-affectif ? » À partir de cette problématique, la réflexion de son mémoire de certification a pris corps.

L'hypothèse du travail de Caroline Derumigny est la suivante : « Si la fonction cathartique permet de se libérer des émotions nuisibles, l'efficacité symbolique que recèlent les outils thérapeutiques du psycho-analyste clinicien facilitera l'enfant à dépasser le deuil de son parent et l'aidera à trouver un nouvel équilibre. »

Quatre cas cliniques lui ont permis d'élaborer un cadre expérimental, de consolider les réponses de sa conclusion et d'établir les fondements de sa future pratique thérapeutique.

J'ai eu la chance de partager l'évolution de cette étude. Ce travail est remarquable et mérite d'être remarqué dans le milieu professionnel de la Psychologie Infantile. Mon unique vœu est que la réflexion de Caroline Derumigny suscite l'intérêt et œuvre à la reconnaissance – et surtout à la prise en charge dans un cadre thérapeutique spécifique et adapté – du deuil parental et de la peine orpheline.

                                                                        Bravo Caroline ! Et bonne chance … Quelques perles de Quartz rose nous relient à jamais !

« La connaissance du symbolisme est comme une passerelle entre le conscient et l’inconscient. Elle va permettre et aider l'enfant endeuillé exclusif à comprendre l'intérieur de lui-même, en extirper les maux et les joies afin d'accéder au mieux-être. » p. 71

« Les enfants endeuillés se rejoignent dans leur douleur, dans la connaissance de cette souffrance qu’est la mort d’un parent, celle qu’ils ne devraient pas connaître si tôt. Ils s’assemblent dans leurs différences, développant une hyper-émotivité qui se répercute sur leur corps et leur psyché. Ils s’arment de tout ce que peut leur offrir leur environnement. Ils sont avides de tant d’amour absent, perdu, mort. Ils vont le rechercher spontanément chez l’autre, pour colmater et panser leurs blessures. Nous avons tous notre rôle à jouer pour accompagner ces enfants. Ils sauront puiser en chacun de nous, les outils nécessaires pour devenir enfin. » p. 153

Vous pouvez joindre Caroline Derumigny : derumigny.caroline@gmail.com


Avec ou sans résilience ? 

Les orphelins sont observés comme une population résiliente, selon la théorie de B. Cyrulnik ... Ils ressortiraient de l'épreuve avec une force psychique affirmée. Pour notre part, nous défendons le destin "orphelin", de la faiblesse à la force ...  de l'handicap à la détermination ... 

                                                    Lire sur le web = Enfance perdue – enfance retrouvée par André Haynal

                              "L’auteur essaie de saisir le sens de deux concepts antagonistes – le traumatisme et la résilience – afin de comprendre la vie."

Voir sur le web :

Film Ocirp : Quand la blessure refait surface

 Conférence de Boris Cyrulnik - "La mémoire traumatique"

"Lors de ma première naissance, je n'étais pas là. Mon corps est venu au monde le 26 juillet 1937 à Bordeaux.
On me l'a dit. Je suis bien obligé d'y croire puisque je n'en ai aucun souvenir.
Ma seconde naissance, elle, est en pleine mémoire. Une nuit, j'ai été arrêté par des hommes armés qui entouraient mon lit.
Ils venaient me chercher pour me mettre à mort. Mon histoire est née cette nuit-là
". 

                      

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Dernière modification : 01-12-2016

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